Constitution d'un argumentaire
Les arguments
Un argument est une assertion ayant pour fonction, dans un raisonnement, de justifier ou d’expliquer une autre assertion.
Les arguments sont le moyen d'établir un lien, une articulation entre les topiques et l'opinion proposée, l'idée préalablement exposée. Les arguments utilisent en grande majorité la déduction et l'analogie.
Les arguments sont divisés en trois familles :
Arguments liés à l’éthos : ces arguments sont d’ordre affectif et moral. Ce sont, en somme, les attitudes que doit prendre l’orateur pour inspirer confiance à son auditoire. Ainsi, il doit se montrer :
- sensé : c’est-à-dire
capable de donner des conseils raisonnables et pertinents.
- sincère : il doit pas dissimuler
ce qu’il pense ou ce qu’il sait.
- sympathique : il doit montrer qu’il
est prêt à aider son auditoire.
Arguments liés au pathos : d’ordre purement affectifs, ces arguments sont destinés à faire naître chez l’auditoire des émotions, des passions et des sentiments, et donc être adaptés à la psychologie du public concerné. Ces arguments doivent susciter la colère, l’amitié, la haine, la crainte, l’assurance, l'indignation, la pitié...
Arguments liés au logos : on entre ici dans le domaine proprement dialectique du discours :
Les arguments déductifs permettent de passer de ce qui est admis à ce que l'on veut faire admettre. Ces arguments sont basés sur :
-l'implication logique ("vous voulez qu'on respecte votre liberté ? Respectez celle des autres.", "avoir le pouvoir et donc le devoir", "si tu veux prendre ma place, prends mon handicap"...)Les arguments analogiques sont basés sur la ressemblance, et utilisent la métaphore, la comparaison, l'exemple.
Aristote propose d'autres espèces d'arguments, liant donc les topiques :
- l'étymologie
- le genre et l'espèce
- la cause et l'effet
- la comparaison
- les opposés ("le progrès doit être mondial ou ne pas être...")
Pour opérer un parallèle avec les fonctions de Jakobson : avec l'éthos, c'est l'émetteur qui est pris en compte, avec le pathos c'est le récepteur, et avec le logos, c'est le message lui-même qui est considéré.