Méthodes de réalisation d'argumentaires
Pour le discours oral, le traditionnel schéma thèse / antithèse / synthèse (employé pour la dissertation) sera en fait à écarter, pour son côté trop scolaire. De même que le plan chronologique (avant et après), car l'exposé d'un historique est trop long et demande trop de préparation. Il existe donc d'autres méthodes de constitution d'argumentaires.
L’exhaustion :
Il s'agit d'une méthode algorithmique visant à épuiser les arguments : ceux-ci mènent à la même conclusion. Le diallage est le discours qui découle de cette méthode. Les lieux communs deviennent :
- la personne
: âge, sexe, origine, race, éducation, mode de vie, conditions
de vie, caractère, goûts,...
- l’affaire
: dans son ensemble et et ses parties, ses débuts, sa progression,
ses fins, ses précédents,...
- les circonstances
: cause, moment, lieu, manière, moyens, définition, comparaison,
hypothèses,...
Le schéma en soleil :
On envisage le thème traité sous différents axes (ou angles, ou points de vue) :
- historique,
- économique,
- politique,
- culturel,
- social,
- psychologique,
- médical,
- éthique,
philosophique,
religieux,
- scientifique.
Les dix-sept effets persuasifs :
| 1 | effet démonstratif | consiste à présenter le problème, montrer son intérêt, son importance, et à enchaîner les arguments par des liens logiques, des rapports de causalité, des syllogismes. |
| 2 | effet de compétence | fonde la crédibilité. Exemples, faits, témoignages. |
| 3 | effet solutionneur | plus la solution est inattendue ou originale, plus elle a de chances d’être retenue. |
| 4 | effet de méthode | synthèse des opinions, organisation. |
| 5 | effet d’évidence | mettre en avant des idées ou valeurs incontestées. |
| 6 | effet de bonne foi | expression de la bonne volonté incomprise et bafouée. |
| 7 | effet de principe | ce qu’il faut faire, aucune alternative n’est envisageable. |
| 8 | effet de porte-parole | tendance volontaire et maîtrisée à parler au nom de tous ou de l’intérêt général pour faire passer une opinion individuelle. |
| 9 | effet de doute | mise en cause des contre-arguments qui pourraient être opposés. |
| 10 | effet d’intimidation | chantage sur l’autre, dramatisation de la situation. |
| 11 | effet d’implication | mise en cause personnelle du destinataire. |
| 12 | effet d’exemplarité | formules encourageantes ("je l’ai bien fait, moi !") |
| 13 | effet de complicité | désamorcer la méfiance en montrant le peu de différences qui séparent, en fait. Apparence conciliante. |
| 14 | effet d’insistance | matraquage d’une idée. |
| 15 | effet de bonne volonté | reconnaissance du bien-fondé de l’argumentation adverse, avec cependant réfutation. |
| 16 | effet émotionnel | manipulation de l’affect. |
| 17 | effet comique | utilisation de la dérision et de l’humour. |
Les lois de proximité :
Le choix des informations pouvant intéresser les auditeurs peut se faire en fonction de :
La détermination des objectifs :
Il est indispensable, dans l'élaboration de tout discours, de définir précisément les objectifs que l'on veut atteindre. La liste des objectifs, une fois organisée séquentiellement, dans un ordre progressif (du plus simple au plus compliqué, du général au particulier, du concret à l'abstrait, du connu à l'inconnu, du simple au complexe, du plus fréquent au moins fréquent, du nécessaire au superflu…), fournit le plan du discours.
On pourra également établir une liste des angles sous lesquels il sera possible d'aborder le sujet. On choisira l'angle adapté à l'auditoire, ou à l'époque. De la même manière qu'avec les objectifs, on évite la dispersion, on est plus clair, plus précis, on facilite l'écoute du public et la mémorisation des informations.
Les méthodes de résolution de problèmes :
On peut puiser dans les méthodologies de résolution de problèmes certaines techniques permettant de trouver des arguments : le QQOQC (qui, quoi, où, quand, comment, auxquels on peut adjoindre pourquoi), ou les 3W (what, why, where ?), par exemple.
Les figures :
Enfin, les figures de pensée et les figures de style sont également utilisées pour élaborer un argumentaire, pour lier les idées entre elles. L'invention tire parti également de la forme.