Les topiques


Définition des topiques (ou lieux)
Principaux topiques

Les topiques (lieux)

Les lieux, que l’on appelle aussi topiques, sont des arguments tout faits que l’orateur peut placer à un endroit de son discours.

Le mot topique provient du grec topoi, le mot lieu du latin loci. Il renvoient tous les deux à la notion d'emplacement, de localisation dans la mémoire de celui qui fait le discours d'idées généralement admises, de concepts (la cruauté du loup...), de citations, d'associations (le blanc et la pureté, la balance et la justice)... Joëlle Gardes-Tamine (voir bibliographie) compare les lieux à des scripts, des petits scénarios culturels permettant aux protagonistes d'un échange verbal de se repérer, de mettre en place un terrain d'entente. Celui qui va à l'encontre d'un tel script le fait généralement par provocation.

On trouvera parmi les lieux courants ceux :

- de la modestie
- du temps qui presse, ou qui manque ("il y a un temps pour tout")
- de l'argent qui manque ou qu'il ne faut pas gaspiller
- de la quantité, de la qualité, de l'unicité ("on ne vit qu'une fois...")
- du chagrin
- de ce qui est préférable à ce qui ne l'est pas
- de l'enfance malheureuse qui explique un acte violent
- du réalisme ("gardons les pieds sur terre..")
- du manque de stratégie
- de la promesse non tenue
- du respect de la personne humaine ("on n'est pas des machines" ou "on n'est pas des bêtes", "ceci est un combat pour la dignité").
- de la liberté d'expression ("on est en démocratie...") et en général du bon droit
- l'absence d'avis d'un spécialiste
- de l'emploi perdu ou que l'on risque de perdre
- du travail qui donne tous les droits ("je travaille, moi, Monsieur !"...)

Nos hommes politiques actuels adorent introduire dans leurs discours l'idée de "complot", de "machination", d'"inquisition", mettant en avant leur "naïveté" face au "machiavélisme" de l'adversaire...

Principaux topiques

Les lieux les plus fréquemment utilisés sont appelés lieux communs, poncifs, clichés, et peuvent devenir moins percutants si leur emploi est trop systématique. Ils s’adaptent à tout type d’argumentation. En réalité, "commun" était à l’origine opposé à "spécifique", type d’argument employé dans des discours bien précis : judiciaire, épidictique, délibératif.

Des phrases courantes font aujourd’hui partie de notre rhétorique quotidienne : "Qui peut le plus peut le moins", "On n'a rien sans rien", "Nul n’est censé ignorer la loi",... On conçoit le danger qu'il y a à employer des mots forts trop fréquemment : ainsi, le mot "dignité" a beaucoup perdu de sa valeur, et se vide peu à peu de son sens. Tout le monde et n'importe qui lutte aujourd'hui pour conserver (ou retrouver) sa dignité. Les topiques doivent faire l'objet d'un choix judicieux (voire d'une inventivité certaine) pour rendre le discours brillant.